//Comment appliquer les Accords Toltèques dans sa vie professionnelle ?

Comment appliquer les Accords Toltèques dans sa vie professionnelle ?

Diffusés par Miguel Ruiz dans un recueil vendu à plus de quatre millions d’exemplaires, les accords toltèques font désormais figure de guides de vie incontournables, vie professionnelle incluse. Le point avec Virgile Stanislas Martin, coach, thérapeute et auteur du guide « 50 exercices pour pratiquer les accords toltèques », aux éditions Eyrolles.

Les accords toltèques en bref

« Les accords toltèques sont des enseignements issus de la sagesse toltèque, une civilisation pré-aztèque disparue », explique Virgile Stanislas Martin. « Ils constituent une sorte de boussole pour avancer dans la vie ». Transmis de nagual en nagual, sorte de chaman, depuis plus de huit siècles, quatre de ces accords ont tout d’abord été transcrits par Miguel Ruiz, lui-même nagual, avant d’être complétés plus tard par un cinquième. Quel rapport avec la vie professionnelle ? « Le monde de l’entreprise est un microcosme dans lequel se présentent les mêmes problématiques que dans la vie en général », indique Virgile Stanislas Martin. « La rumeur, le harcèlement, la dévalorisation sont des comportements qui découlent de la non-application de ces principes simples. Si toutes les entreprises adoptaient le premier accord toltèque, la majeure partie des risques psychosociaux disparaîtraient ! »

Accord n°1 : Que votre parole soit impeccable

Ce que dit l’accord

Parlez avec intégrité. Ne dites que ce que vous pensez vraiment. Évitez d’utiliser la parole pour vous exprimer contre vous-même ou pour médire d’autrui. 

Ce que sous-entend l’accord

« L’auteur Dale Carnegie le résume parfaitement : ne critiquez, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas », rapporte Virgile Stanislas Martin. « Nos mots doivent être en cohérence avec nos comportements, dans la bienveillance et l’intégrité, envers les autres comme envers soi. » S’il fallait ne conserver qu’un seul accord, il s’agirait de celui-ci, selon Miguel Ruiz lui-même.

Comment l’appliquer au travail ?

Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, en réunion comme à la pause-café, le temps de peser la pertinence de l’intervention et la justesse des mots, sur la forme comme sur le fond.

« Parler juste permet d’éviter les erreurs, les médisances, les rumeurs et tout ce qui fait du tort à la bonne marche d’une entreprise », explique Virgile Stanislas Martin. « Il est essentiel de ne pas parler à chaud : un temps de recul permet de prendre en compte d’autres paramètres que ses propres réactions émotionnelles impulsives. D’autant que peser ses mots encourage l’écoute active, un autre outil essentiel. Le langage est le reflet de la façon dont chacun se représente le monde : un langage positif et respectueux engendre un dialogue, une attitude également, des relations positives et respectueuses ».

Accord n°2 : Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité. Lorsque vous êtes immunisé contre les opinions et les actes d’autrui, vous n’êtes plus victimes de souffrances inutiles.

Ne pas en faire une affaire personnelle

« Il est facile de se sentir visé », explique Virgile Stanislas Martin, « mais comme le dit Miguel Ruiz, « nous ne sommes pas la cause des actes d’autrui. Ce que les autres font ou ne font pas n’est généralement pas dirigé contre nous, mais découle d’une intention qui n’engage qu’eux. Un collaborateur peut être en retard au travail parce qu’il a des problèmes personnels et même si son retard peut nous impacter, la cause n’a rien à voir avec nous ».

Comment l’appliquer au travail ?

Prendre du recul et le temps de la réflexion. Et si le doute est tenace, suivre le troisième accord : avant de supposer, il s’agit d’aller se renseigner.

« Il est essentiel de se répéter que l’avis des autres ne concerne qu’eux », insiste Virgile Stanislas Martin. « Quand un collègue émet une opinion, c’est sa propre vision du monde qu’il partage, pas la vérité. Se sentir visé, entrer en conflit ou dans un débat sans fin est aussi inutile que néfaste, en particulier en entreprise. Ne pas se focaliser sur le contenu du message permet non seulement de prendre du recul, mais aussi de se concentrer sur la personne et la relation, plutôt que sur un petit agacement. »

Accord n°3 : Ne faites pas de suppositions

Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer ce que vous voulez vraiment. Communiquez le plus clairement possible avec les autres afin d’éviter les malentendus, la tristesse et les drames.

En quoi ça consiste ?

« Les accords toltèques fonctionnent comme des poupées gigognes », illustre Virgile Stanislas Martin, « chacun découle du précédent et tous découlent du premier. Dans ce cas précis, quiconque se sent visé finit généralement par supposer. Ne pas faire de suppositions consiste à ne pas interpréter le comportement ou les réactions des autres, quitte à les interroger si besoin ».

Comment l’appliquer au travail ?

Poser la question avec les mots justes, avant de se blâmer, de blâmer l’autre ou de provoquer une erreur.

« Si un collaborateur s’enferme dans son bureau sans dire bonjour, mieux vaut aller lui demander pourquoi que de supposer une intention malveillante de sa part », image Virgile Stanislas Martin. « La plupart du temps, la cause n’a rien à voir avec nous, et un temps de recul évite une réaction émotionnelle. »

Accord n°4 : Faites toujours de votre mieux

Votre « mieux » change d’instant en instant : il n’est pas le même selon que vous êtes en bonne santé ou malade. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez ainsi de vous juger.

En quoi ça consiste ?

« L’idée n’est pas de chercher la perfection », détaille Virgile Stanislas Martin. « Faire de son mieux signifie chercher l’efficacité, mais accepter que ce « mieux » puisse varier en fonction des jours, sans se critiquer pour autant ». Faire de son mieux ne signifie donc pas être le meilleur, mais savoir s’écouter et s’adapter pour livrer le meilleur de soi-même, une différence subtile mais essentielle. « Cet accord est capital dans la prévention du burn-out », ajoute Virgile Stanislas Martin, « les victimes étant souvent des personnes très consciencieuses ou perfectionnistes, qui cherchent une perfection inatteignable sans prendre en compte leurs propres besoins. »

Comment l’appliquer au travail ?

Accepter ses limites, identifier ses besoins et ne pas se blâmer lorsqu’un rapport bouclé en deux heures la veille en nécessite trois le lendemain. Se laisser respirer, tout simplement.

« Il s’agit d’ajuster la trajectoire en fonction des outils dont on dispose sur le moment », précise Virgile Stanislas Martin. « Après une heure passée sur l’ordinateur, il est facile de s’offrir quelques minutes de pause pour fermer les yeux, se recentrer sur sa respiration et se reconnecter à soi. Ce qui permet de repartir avec une meilleure énergie pour faire de son mieux, plutôt que d’accumuler les tensions et d’entrer dans le cercle vicieux de la baisse de productivité, puis de l’auto-critique ».

Accord n°5 : Soyez sceptique, mais apprenez à écouter

Ne vous croyez pas vous-même, ni personne d’autre. Utilisez la force du doute pour remettre en question tout ce que vous entendez. Écoutez l’intention qui sous-tend les mots et vous comprendrez le véritable message.

En quoi ça consiste ?

« Il s’agit d’examiner tous les éléments qui doivent être pris en compte, d’engager un dialogue critique constructif », détaille Virgile Stanislas Martin. « En cherchant à appliquer les quatre premiers accords, certains tombaient dans le perfectionnisme, donc dans une autocritique qui générait plus de tension que de bien-être. Ce cinquième accord est là pour tempérer les premiers. »

Comment l’appliquer au travail ?

S’interroger sur une situation pour la percevoir dans sa réalité, et non à travers une série de réflexes, d’habitudes ou de clichés : se demander ce que l’on fait, pourquoi on le fait ou s’il s’agit bien de la vérité, en prenant en compte tous les points de vue.

« Certains ont permis des gains de productivité énormes parce ce qu’ils se sont demandé s’il était possible de faire mieux ou plus simplement, puis remonté l’information », illustre Virgile Stanislas Martin. « Être à l’écoute en est le miroir : une observation pertinente peut être négligée par un manager ne sachant pas écouter ses collaborateurs ».

 

L’application des accords toltèques est une démarche individuelle. Ces quelques principes ont pourtant démontré leur efficacité sur le bien-être, personnel comme professionnel. « Ils nécessitent de s’accorder le temps de s’interroger, d’écouter et d’agir », conclut Virgile Stanislas Martin. Et si les collègues ne suivent pas ? « Comme le disait Ghandi, « Ma vie est mon message » : montrer l’exemple est le début de la voie. »

 

2018-10-05T15:41:36+00:005 octobre, 2018|